Près d’un ingénieur sur quatre partira bientôt à la retraite, surtout dans les télécoms
Industrie et télécoms en première ligne, relève insuffisante, jeunes diplômés au chômage : les chiffres de l’enquête des ingénieurs et ce qu’ils révèlent.
En bref
- Un peu plus d’un million d’ingénieurs exercent aujourd’hui en France.
- Les télécommunications verront partir 39 % de leurs ingénieurs.
- Le chômage des jeunes ingénieurs a atteint 10,3 % l’an dernier.
- Le salaire médian des ingénieures reste inférieur de 22 % à celui des hommes.
Dans les 10 à 15 ans qui viennent, près d’un ingénieur sur quatre aura atteint l’âge de partir à la retraite. C’est l’un des enseignements de la nouvelle enquête de la société des ingénieurs et scientifiques de France, présentée le 11 octobre 2026 par franceinfo. Pour toute structure qui recrute des profils techniques, y compris un franchiseur qui structure son réseau, ces chiffres dessinent un marché du travail sous tension, mais contrasté selon l’âge.
Industrie et télécoms, les secteurs les plus exposés
Les départs ne frappent pas tous les employeurs avec la même intensité. Rapportés aux effectifs de chaque secteur, ils pèsent bien plus lourd dans les télécommunications que dans l’industrie, pourtant premier employeur d’ingénieurs.
| Repère | Valeur |
|---|---|
| Ingénieurs en activité | Un peu plus d’un million |
| Horizon des départs | 10 à 15 ans |
| Plan de départs volontaires annoncé par Renault | 800 ingénieurs en France d’ici fin 2027 |
Une relève qui grossit sans suffire
Les écoles forment chaque année davantage d’ingénieurs : 50 000 nouveaux diplômés sont sortis l’an dernier, dans une progression régulière. L’Institut Montaigne estime pourtant, dans un rapport, que le pays aurait besoin de deux fois plus de diplômés chaque année, en particulier pour mener à bien la réindustrialisation.

Le problème tient aussi à l’orientation des jeunes. D’après l’enquête, l’industrie séduit moins les nouvelles générations. Les deux dernières promotions ont privilégié l’énergie, les autres activités tertiaires ainsi que les sociétés d’ingénierie et de conseil, qui leur proposent des postes d’études et de recherche. Autrement dit, le secteur qui perdra le plus d’ingénieurs en volume est aussi celui qui peine le plus à attirer les débutants.
Le paradoxe des jeunes diplômés
On pourrait croire qu’une telle vague de départs garantit un emploi immédiat à chaque diplômé. La réalité est plus nuancée. À mi-carrière, les ingénieurs vivent une situation de plein-emploi, avec un taux de chômage limité à 2 à 3 %. Les débutants, eux, mettent plus de temps à décrocher leur premier poste : 10,3 % des jeunes ingénieurs étaient sans emploi l’an dernier, presque deux fois plus que deux ans plus tôt.
L’enquête relie cette dégradation au ralentissement de l’économie et au recul des offres d’emploi.
Pour un recruteur, le constat est double : les profils expérimentés restent rares et très sollicités, tandis que des jeunes diplômés sont disponibles. Ce repère ne vaut toutefois que pour les métiers d’ingénieur couverts par l’enquête, et non pour l’ensemble des emplois qualifiés.
Salaires, des repères pour attirer les profils techniques
Recruter un ingénieur suppose de connaître les niveaux de rémunération pratiqués. L’enquête en fournit plusieurs :
- le salaire médian atteint 67 800 euros brut par an, et il augmente avec l’âge comme selon le secteur ;
- dans l’énergie, le conseil ou la construction, la moitié des ingénieurs âgés de 50 à 64 ans perçoit plus de 110 000 euros par an ;
- les femmes, de plus en plus présentes dans la profession, touchent un salaire médian de 3 840 euros net par mois, contre 4 910 euros pour leurs homologues masculins.
Photo : Hoang NC / Pexels